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Archive for the ‘Julien Duvivier’ Category

Poil de carotte (Julien Duvivier, 1926)

Samedi, mars 16th, 2013

L’histoire d’un enfant roux maltraité par sa mère qui ne l’aime pas.

Il y a de beaux décors naturels de montagne mais le film est ruiné par:
1. Le grossier manichéisme de la caractérisation des personnages qui rend prévisible le déroulement de chaque situation (puisque dans Poil de carotte, les personnages sont plus importants que l’intrigue, quasi-inexistante).

2. Les artifices faisandés du muet du type surimpressions et compagnie censés figurer l’oppression de Madame Lepic.

L’excellent Visages d’enfant de Jacques Feyder qui a un thème analogue et qui se déroule dans le même cadre a autrement mieux vieilli de par son traitement rigoureusement classique qui permet une étude approfondie des caractères.

Les cinq gentlemen maudits (Julien Duvivier, 1931)

Vendredi, juillet 27th, 2012

Cinq hommes en vacances au Maroc maudits après avoir troublé une cérémonie religieuse meurent chacun leur tour.

Un film d’aventures exotiques d’une légèreté et d’une folie assez inhabituelles chez Julien Duvivier dont la forme, encore très marquée par l’esthétique du cinéma muet, a beaucoup vieilli et apparaît parfois décorrélée de l’action représentée.

Poil de carotte (Julien Duvivier, 1932)

Vendredi, mai 27th, 2011

L’histoire de Poil de carotte, gamin surnommé ainsi par sa mère qui ne l’aime pas.

Le jeu des acteurs est très théâtral. Harry Baur et Catherine Fonteney composent plus qu’ils n’incarnent. Paradoxalement le reste de la mise en scène de Duviver est, comme à l’accoutumée, assez réaliste. Il y a beaucoup de décors naturels. Une séquence, celle du suicide, permet au cinéaste de prouver sa virtuosité dramatique. Ce film, marqué par les hésitations du début du parlant, a tout de même beaucoup vieilli.

L’affaire Maurizius (Julien Duvivier, 1954)

Jeudi, septembre 30th, 2010

Le jeune fils d’un procureur renommé entreprend d’enquêter sur l’affaire qui établi la réputation de son père dix-huit ans auparavant.

Un film complètement asservi à une intrigue parfaitement inintéressante.
L’intrigue d’abord: une histoire de notable pourri (encore une) racontée sous forme d’enquête policière avec moult flashbacks.  Malgré une construction alambiquée, c’est prévisible de bout en bout car les réactions des personnages ne dévient jamais des poncifs ayant procédé à leur création. Ce ne sont pas des personnages, ce sont des clichés sur pattes. Par exemple, le fils du procureur n’agit jamais autrement que par (ce que les auteurs se figurent être l’) idéalisme juvénile. Toute la dramaturgie repose sur une question (Maurizius est-il coupable ou non?) qui, en elle-même, n’a strictement aucune intérêt. Dans les bons films, ce genre de question est un prétexte et non une fin en soi.

Ici, il serait inexact de dire qu’elle n’est qu’une fin en soi puisqu’elle véhicule une critique (hyper-convenue) des apparences sociales mais Julien Duvivier prend cette enquête policière terriblement au sérieux. Il surligne chaque virgule d’un scénario déjà fort redondant et chasse soigneusement tout mystère, toute incertitude qui viendrait introduire un peu de vie dans la narration. En témoigne par exemple le surjeu des théâtreux (Jacques Chabassol, Denis d’Inès) composant une partie de la distribution. Cela sonne faux parce que complètement déconnecté de toute réalité.

Bref, la mise en scène complètement verrouillée ne renferme qu’un drame conventionnel et poussiéreux. L’affaire Maurizius est un film nul car écrasé sous le poids des intentions d’une bande d’auteurs paresseux qui ont substitué les conventions les plus éculées à l’examen du réel.

Sous le ciel de Paris coule la Seine (Julien Duvivier, 1951)

Vendredi, juin 18th, 2010

Une journée à Paris vue à travers des personnages divers et variés dont les destins vont s’entremêler.

Sous le ciel de Paris est en quelque sorte l’ancêtre des films choraux de Robert Altman. On y retrouve le même genre de pessimisme qui apparaît gratuit parce que surplombant. Celui de Duvivier concerne surtout le devenir des relations amoureuses. Le film est constitué de saynètes mettant en scène d’une façon conventionnelle des personnages conventionnels dans des situations non moins conventionnelles. Je songe aux moments dans lesquels la voix-off est utilisée pour exprimer d’une façon littérale les pensées d’un personnages. C’est lourd et représentatif d’un style globalement vulgaire. Heureusement, la virtuosité de la narration et la qualité des comédiens font que le film fonctionne plutôt bien malgré certains moments de creux.

Chair de poule (Julien Duvivier, 1963)

Samedi, janvier 16th, 2010

Deux amis serruriers cambriolent un appartement. Cela tourne mal. L’un d’entre eux est arrêté et condamné aux travaux forcés. Il s’évade et se cache dans une station-service de Provence tenu par un homme âgé marié à une jeune et jolie femme…

Loin d’être un chef d’oeuvre, cette seconde adaptation de James Hardley Chase par Julien Duvivier (après L’homme à l’imperméable) est un bon film noir à la française. Ces histoires d’amitié virile contrariée par la femme et le pognon font penser à l’univers de José Giovanni. Dommage que Robert Hossein et Jean Sorel, sans être véritablement mauvais, ne conviennent guère à leurs rôles de malfrats en cavale. En revanche, Lucien Raimbourg (cousin de) exprime parfaitement le bon sens paysan honnête mais un brin retors de son personnage. Et la rare et gironde Catherine Rouvel est une parfaite femme fatale. La mise en scène sobre et efficace de Duvivier a le mérite d’ancrer l’action dans un lieu déterminé (la station-service), ce qui permet de dépasser la platitude des dialogues, la noirceur un brin exagérée et les légers problèmes de rythme d’une histoire un peu longue à se terminer.

Pot-bouille (Julien Duvivier, 1957)

Lundi, janvier 4th, 2010

A Paris sous le second empire, l’arrivée d’un provincial beau et ambitieux dans un immeuble bourgeois provoque des remous.

Tout ce qui faisait le sel du roman de Zola: la réjouissante férocité de la critique sociale, les caractères outrés, les notations pathétiques, a été purement et simplement escamoté par un scénario aseptisé et une mise en scène terne. Il est vrai qu’adapter un roman aussi foisonnant que Pot-bouille au cinéma nécessitait une simplification de l’intrigue. Mais à ce moment là, il aurait fallu aller jusqu’au bout du parti-pris d’adaptation qui a visiblement été celui de réduire l’oeuvre à un vaudeville avec une importance nouvelle donnée au personnage de Madame Hédouin. Ce personnage joué par Danielle Darrieux est sans doute le plus intéressant du film. La beauté bourgeoise de Danielle Darrieux qui venait tout juste d’avoir quarante ans nous consolerait presque de la quasi-disparition de Marie Pichon pourtant incarnée par une jolie Anouk Aimée, pleine de douceur et de mélancolie. En l’état, la demi-mesure de Jeanson, Joannon et Duvivier fait que nombre de scènes accessoires à l’intrigue qui tiraient leur intérêt dans le livre de la verve corrosive du romancier sont inutiles dans le film. Bref, Pot-bouille est emblématique de tout ce qu’un Truffaut critiquait à juste titre dans les adaptations des classiques littéraires du cinéma français des années 50.

La femme et le pantin (Julien Duvivier, 1959)

Lundi, novembre 2nd, 2009

En Espagne, une femme sublime mais de basse extraction met un grand propriétaire à genoux.

Brigitte Bardot est très belle et plutôt bien mise en valeur. C’est le seul intérêt du film. La mise en scène est plate et donc fausse. La représentation de la feria de Seville ressemble à celle du Brésil dans Orfeu Negro. On ne s’intéresse pas à l’histoire une seule seconde, faute d’imagination de la part du cinéaste. La femme et le pantin façon Duvivier est l’exact opposé de la version flamboyante réalisée par Josef Von Sternberg pour Marlene Dietrich. C’est dire sa nullité.

Marianne de ma jeunesse (Julien Duvivier, 1954)

Dimanche, août 16th, 2009

Dans un pensionnat perdu au milieu d’une forêt allemande, l’histoire d’amour entre un lycéen et une mystérieuse dame habitant un château que l’on dit hanté.

Une fantaisie qui se prend beaucoup trop au sérieux pour être prise au sérieux. Il est difficile de jouer la poésie pure au cinéma, art réaliste par excellence, surtout quand on s’appelle Julien Duvivier, c’est à dire qu’on est un des cinéastes les plus terre-à-terre qui soient. Alors on fait de jolies images en composant avec la brume et les lacs mais c’est bien là le seul intérêt du film: de jolies images. Pas d’évocation, pas d’onirisme, pas de fascination, que des clichés, que des poses guindées. Acteurs et dialogues ridicules d’emphase annihilent rapidement l’intérêt de la fiction. Comparer ce film aux Dernières vacances pour se rendre compte que le cinéma français est meilleur en prose qu’en vers.

L’homme à l’imperméable (Julien Duvivier, 1957)

Lundi, juillet 6th, 2009

Sa femme partie en province, un clarinettiste suit les conseils d’un de ses collègues de l’orchestre et rend visite à une jeune choriste que l’on dit facile. Lorsqu’il arrive chez la jeune fille, elle lui tombe dans les bras, un poignard dans le dos…

La première partie est véritablement excellente. Tant que le film reste focalisé sur le personnage de Fernandel, il nous montre les effets de l’engrenage implacable d’un fait divers sordide sur des gens ordinaires mais soumis à leurs pulsions. C’est en quelque sorte du Lang à la sauce qualité Française. C’est pour le moins délectable d’autant que la mise en scène de Duvivier est irréprochable et que les compositions des acteurs sont au diapason. Il faut citer celle, mémorable, de Bernard Blier en folle barbue. Malheureusement dès qu’arrivent les bandits d’opérette, L’homme à l’imperméable s’éparpille dans une intrigue policière conventionnelle sans grand intéret. Il est donc dommage que le récit ne tienne pas ses promesses initiales.