Archive for the ‘Luigi Comencini’ Category
Lundi, mars 11th, 2013

Dans une usine du Nord de l’Italie, l’idylle contrariée entre un syndicaliste communiste et une jeune catholique venue de Sicile…
L’histoire est intéressante en ceci qu’elle est intelligemment ancrée dans la réalité sociale et géographique de son temps. La grisaille de la photographie accentue le côté morne et sans espoir de la vie des ouvriers. Le mélange des tons -comique et dramatique- fonctionne assez bien jusqu’à un virage mélodramatique final qui apparaît forcé donc malvenu.
Tags: film social, Giuliano Gemma, mélodrame, Stefania Sandrelli
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Mercredi, février 13th, 2013

Sa fugue conduit les parents d’un garçon de 10 ans à s’interroger sur leur rapport à leur enfant.
Eugenio est peut-être la variation la plus amère de Comencini autour de son thème fétiche: l’enfant en mal d’amour. Le désespoir est d’autant plus glaçant qu’il est tranquille, à l’opposé de l’apothéose lacrymale de L’incompris. Avec sa finesse coutumière, l’auteur brocarde une société tellement rongée par l’individualisme (sexe, carriérisme, lubies politiques) que les jeunes adultes négligent leur devoir le plus élémentaire: s’occuper de leur progéniture. Le constat désenchanté sur son époque n’implique pas chez lui de discours réactionnaire puisque qu’il montre aussi les tares de la société patriarcale à travers l’attachant personnage du grand-père joué par Bernard Blier. Il le fait avec simplicité et humour. Quoique la narration, faite essentiellement de flash-backs, ne soit pas aussi ramassée et synthétique que celle de ses chefs d’oeuvre de premier ordre, le sens de l’observation de Comencini reste aguerri, son trait reste piquant et, ainsi qu’en témoigne le moment où la mère se cogne à une étagère après que son fils lui ai sauté dessus, il met en scène les effusions de tendresse comme personne.
Tags: Bernard Blier, Carole André, Dalila Di Lazzaro, divorce, enfance, Francesco Bonelli, Saverio Marconi
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Lundi, février 11th, 2013

Alors que ses collègues se sont empressés de classer l’affaire pour profiter de leur week-end pascal, un policier décidé à faire carrière enquête sur la mort violente du leader de la démocratie chrétienne.
Cette excellente comédie policière s’articule autour de deux axes: l’enquête proprement dite et l’histoire du héros avec sa nouvelle fiancée, une histoire sans cesse contrariée par les nécessités de son travail policier. Outre qu’il génère de nombreux gags (les déjeuners où notre héros est attendu en vain par sa belle-famille), ce contrechamp féminin nuance et enrichit ce qui aurait pu se limiter à une satire de la tranquille corruption des milieux politico-judiciaires. Notre Don Quichotte est d’abord motivé par l’idée de briller aux yeux de sa hiérarchie, dût-il envoyer un innocent derrière les barreaux. Ainsi, les auteurs évitent le manichéisme et élargissent la cible de leurs moqueries, raillant aussi bien l’immobilisme intéressé des élites que l’arrivisme de certains fonctionnaires. Sans l’afficher de façon aussi bruyante que Le fanfaron (pour le meilleur) ou Ces messieurs-dames (pour le pire), Il commissario n’en exprime pas moins une vision profondément pessimiste de la société italienne de son temps.
Le formidable Alberto Sordi trouve ici un rôle taillé à sa mesure, sachant rendre son personnage attachant jusque dans sa médiocrité. Contrairement à d’autres personnages de la comédie italienne, ce commissaire plein de défauts n’est jamais caricatural et toujours sauvé aux yeux du spectateur par la profonde humanité qui est la sienne. C’est un modèle de caractérisation comique. Il commissario est également plein de trouvailles cocasses qui, mine de rien, donnent de l’épaisseur au personnage: ainsi lorsqu’il interdit à son amoureuse de le toucher parce qu’il vient de se faire vacciner et qu’il a mal au bras. C’est inattendu, drôle et révélateur de la nature du policier.
Film où la verve comique n’a d’égale que l’équilibre de la construction, Il commissario est un des plus beaux fleurons de la comédie italienne.
Tags: Alberto Sordi, comédie italienne, Franca Tamantini
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Vendredi, février 8th, 2013

Son épouse venant de mourir accidentellement, un travailleur émigré revient au foyer et tente de renouer avec son jeune fils…
Un très beau drame sur le manque d’amour et de compréhension dont plusieurs traits précis annoncent le chef d’oeuvre que sera L’incompris. Sa résolution en forme de flashback est un peu facile mais l’intelligence de son inscription dans la réalité ouvrière de son temps, la sensibilité des acteurs -Pierre Trabaud en premier lieu- , l’empathie de l’auteur pour chacun de ses personnages et le sens du lyrisme quotidien du metteur en scène font de Toi, mon fils un film merveilleux de justesse et d’émotion.
Tags: enfance, Gastone Renzelli, paternité, Pierre Trabaud
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Samedi, février 2nd, 2013

Contre son père qui veut qu’il fasse des études et soutenu par un chauffeur de bus infirme, un enfant de Calabre se rêve champion de course à pied.
Encore une fois, ce qui n’aurait pu être que facilités mélodramatiques et mièvrerie larmoyante est transcendé par le style de Luigi Comencini: fraîcheur du jeune interprète Santo Polimeno, pudeur, droiture et sensibilité de l’expression, empathie inconditionnelle de l’auteur pour chacun de ses personnages. La grandeur du cinéaste s’exprime notamment via le fait que le père n’est pas montré comme une méchante brute mais que les raisons de sa dureté sont exposées avec justesse: il souffre de sa condition de prolétaire et veut assurer un bel avenir à son fils. En homme de gauche intelligent, Comencini révèle la nature oppressante des structures mais prend soin de ne pas charger les individus.
Il porte un regard tendre et parfois amusé sur ces gens qui se débattent entre des traditions sclérosantes (le gamin qui se fait tirer dessus par les ennemis de sa famille!) et l’envie de rêver envers et contre une réalité non pas misérable mais souvent désespérante. Ainsi le personnage du chauffeur de bus interprété par le grand Gian Maria Volonte est-il magnifique. La fable s’inscrit merveilleusement dans la splendeur âpre des paysages calabrais; la lumière naturelle est superbe.
Un enfant de Calabre est donc un très joli film qui mérite pleinement le noble qualificatif suivant, qualificatif déjà tombé en désuétude en cette fin des années 80: humaniste.
Tags: Diego Abatantuono, enfance, Gian Maria Volonte, Thérèse Liotard
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Mardi, janvier 29th, 2013

Au XVIIème siècle en Italie, un bébé abandonné est recueilli par des moines.
Marcellino est un film plein de tendresse où Comencini évite habilement les écueils qui auraient pu être les siens avec un tel sujet (mièvrerie…). Tout au plus, l’épilogue appuie t-il un peu trop l’aspect édifiant de la fable. Des gags rafraîchissants, surtout dans la première partie, compensent le sentimentalisme mignon de l’oeuvre. La partie avec le comte est racontée un peu grossièrement mais le magnifique dénouement rattrape le tout. Ce qui reste le testament de Luigi Comencini est un joli film humaniste qui sans figurer parmi ses chefs d’oeuvre est tout à fait digne de son auteur.
Tags: Bernard-Pierre Donnadieu, christianisme, Didier Bénureau, enfance, José maria Sanchez Silva, Renaissance
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Jeudi, janvier 24th, 2013

Suite à un appel au secours, une femme part à la recherche de sa soeur tombée dans la prostitution.
Le manque de concision du scénario rend certains passages ennuyeux mais la délicatesse de Comencini ainsi que l’ambiguïté inattendue du comportement de la soeur apportent une appréciable singularité au mélo. A posteriori, il est facile de déceler dans chacune des scènes avec des enfants la touche du futur réalisateur de L’incompris. Ainsi de cette brève séquence où une prostituée et son ami font sauter le fils de celle-ci à travers les marches de l’escalier qu’ils descendent. C’est une pure idée de mise en scène qui n’a rien d’anodin mais qui en l’espace de cinq secondes insuffle une incommensurable charge de tendresse au plan. Tout Comencini est déjà là.
Tags: Eleonora Rossi Drago, Giulietta Masina, Massimo Girotti, mélodrame, prostitution
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Jeudi, janvier 17th, 2013

Une petite fille adoptée par son grand-père montagnard est emmenée à la ville par sa tante.
Le début à la montagne est très beau avec les chants folkloriques, les paysages superbes, les chèvres, les enfants pleins de fraîcheur. La suite à la ville est moins pastorale et plus mièvre.
Tags: Elizebeth Sigmund, Elsie Attenhofer, enfance, Fred Tanner, Heinrich Gretler, Suisse, Thomas Klameth
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Vendredi, mai 11th, 2012

Un maréchal des logis est affecté dans un village pauvre de l’Italie montagneuse. Ce vieux beau célibataire va être l’objet de l’attention des commères…
Ce merveilleux diptyque marque l’avènement du renouveau de la comédie italienne. Dans un environnement que l’on peut qualifier de « néo-réaliste », Luigi Comencini et ses scénaristes convoquent les éternels schémas de la comedia dell’arte avec une incomparable virtuosité. Le trait est moins acerbe qu’il ne le sera plus tard dans le genre car la bienveillance de Comencini pour ses personnages est totale et le ton est globalement joyeux. Cela n’empêche pas les auteurs, et c’est là leur génie, de montrer toute la misère économique, sociale et morale qui pèse sur les villageois. Voir ainsi comment dans le second volet les vieilles traditions empêchent l’harmonie des coeurs promise par la fin du premier épisode. Je crois d’ailleurs que c’est un cas unique dans l’histoire du cinéma que ce happy end d’un film qui se voit remettre en cause par la suite de ce film.
Le récit est riche, plein d’intrigues qui s’emmêlent tout en étant mené avec concision. Les personnages sont denses et formidablement interprétés. Vittorio De Sica trouve ici son meilleur rôle d’après-guerre et Gina Lollobrigida son meilleur rôle tout court. L’humour n’empêche pas la prise au sérieux des tourments des protagonistes ni le surgissement de l’émotion. Bref, c’est du grand et beau cinéma populaire, mille coudées au-dessus du contemporain Don Camillo. Pain, amour et fantaisie et Pain, amour et jalouisie sont deux classiques en quelque sorte parfaits qui ne sont pas appelés à vieillir.

Tags: comédie italienne, Gina Lollobrigida, Vittorio De Sica
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Mardi, octobre 13th, 2009

Les turpitudes endurées par une mère italienne durant la seconde guerre mondiale.
Ce feuilleton mélodramatique que j’ai vu au cinéma a probablement beaucoup souffert du charcutage préalable à son exploitation en salles. Les personnages n’ont pas beaucoup d’épaisseur, ce qui les motive manque trop souvent de clarté. Ainsi il est étrange de voir une mère apparemment très aimante laisser son gamin de six ans se balader tout seul dans l’Italie de l’immédiat après guerre sans que son comportement ne soit interrogé par le récit ou la mise en scène, comme si cette négligence maternelle allait de soi. Ce genre de béance narrative affaiblit considérablement le drame.
Claudia Cardinale, dans un grand rôle tragique, s’est bêtement enlaidie et a tendance à surjouer la douleur. Cette impression de fausseté vient peut-être encore une fois de la cassure d’une continuité dramatique qui peut-être justifiait le caractère excessif de la prestation de la star. Reste quelques jolis moments, fragments de ce qui fut peut-être une grande oeuvre. Cela fait beaucoup de « peut-être ». En l’état, le film est assez lamentable et ravive le beau souvenir de La ragazza, précédente collaboration entre le cinéaste et l’actrice ayant aussi pour cadre l’immédiat après-guerre. C’était vingt ans auparavant et Claudia Cardinale était alors la plus belle femme du monde.
Tags: Claudia Cardinale, Elsa Morante, enfance, fascisme, Lambert Wilson, maternité, mélodrame, seconde guerre mondiale, téléfilm
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