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Archive for the ‘Vincente Minnelli’ Category

Qu’est-ce que maman comprend à l’amour? (The reluctant debutante, Vincente Minnelli, 1958)

Mercredi, février 9th, 2011

Un couple de la haute société-londonienne reçoit la fille américaine du mari, issue d’un premier mariage, qui doit faire ses débuts dans le monde. Dès la première soirée, celle-ci s’entiche d’un batteur de jazz. La petite famille va alors écumer les réceptions dans l’espoir de faire oublier le roturier à la jeune fille…

Qu’est-ce que maman comprend à l’amour? (merveilleux titre français!) est une comédie très drôle sur les différences de conception de l’amour entre les générations, sujet éternel s’il en est. Adapté d’une pièce de William Douglas Home, le film est clairement théâtral mais son rythme est enlevé. Il se déroule sous la forme d’une succession de fêtes. L’humour y est piquant.

Sans se départir d’une réelle tendresse pour ses personnages, Minnelli met à jour l’essence conservatrice des femmes, l’importance démesurée qu’elles attachent aux apparences sociales alors que les hommes, pragmatiques, sont évidemment bien plus détachés par rapport à ce vernis. La père s’avère plus compréhensif que son épouse envers les élans du coeur de sa fille. Cette misogynie est bien vue et réjouissante. Il faut dire qu’il n’y a pas une trace d’aigreur dans ce film, qu’à l’image du champagne qui y coule à flots, le ton reste pétillant de bout en bout et que la regrettée Kay Kendall rivalise sans peine avec son brillant cabotin de mari: Rex Harrisson.

Un vrai plaisir.

Un numéro du tonnerre (Bells Are Ringing, Vincente Minnelli, 1960)

Dimanche, janvier 23rd, 2011

Une opératrice de téléphone tombe amoureuse d’un dramaturge fêtard.

Un des mauvais films réalisés par le grand Vincente Minnelli. Le scénario se disperse, les numéros musicaux sont indigents. Pas loin d’être complètement nul.

La toile d’araignée (Vincente Minnelli, 1955)

Lundi, décembre 13th, 2010

Dans une clinique psychiatrique, le choix de la couleur de nouveaux rideaux révèle diverses tensions.

Le prétexte dramatique est ridicule mais l’enchevêtrement des intrigues est prodigieux. La toile d’araignée est donc d’abord un sommet de narration. Alors que l’histoire racontée aurait pu se réduire à un affrontement entre le psychiatre progressiste aux méthodes expérimentales et ses associés conservateurs, éternelle querelle entre anciens et modernes, Minnelli et les scénaristes ont eu l’intelligence d’éviter ce sujet banal. A travers les multiples personnages, tous excellemment interprétés (la distribution royale réunit entre autres Richard Widmark, Lilian Gish, Charles Boyer et Lauren Bacall), leur film est un tour d’horizon des passions humaines, passions parfois nobles mais souvent médiocres. La façon dont chacun prend à cœur le choix de la couleur des rideaux de la bibliothèque dévoile leur part d’irrationalité. Qu’ils fassent partie des patients, des médecins ou du personnel administratif, les protagonistes sont tous soumis à des névroses ou à de la mélancolie. Soigner des fous demande d’abord d’accepter -et pourquoi pas de sublimer dans la création artistique- sa propre folie.

Plus caustique que les autres grands films de Vincente Minnelli, La toile d’araignée est également plus sobre plastiquement parlant. Compte tenu de la distance inédite de l’auteur par rapport aux personnages et aux situations, ses fameux mouvements d’appareil porteurs de lyrisme sont quasiment absents tandis que le Technicolor, à dominante marron, n’est pas utilisé à des fins expressives ou dramatiques. La beauté naît de la suprême maîtrise avec laquelle les images en Cinémascope sont composées, avec laquelle un nombre plus ou moins grand de personnages est agencé dans le cadre élargi. La musique avant-gardiste de Leonard Rosenman participe également de la place à part, très adulte, qu’occupe La toile d’araignée dans l’oeuvre de Minnelli et dans le cinéma américain d’alors. Aussi réussi soit ce film, ce n’est pas ici que le génie du cinéaste s’est exprimé avec le plus de pureté.

Madame Bovary (Vincente Minnelli, 1949)

Dimanche, novembre 28th, 2010

Emma Bovary, mariée à un médecin de campagne, rêve de luxe et d’amours romanesques.

Alors que de la part de ce grand sentimental qu’était Minnelli, on pouvait attendre une superbe trahison de Flaubert, Madame Bovary s’avère un des films les plus cruels du cinéaste. Emma y est montrée telle qu’elle est: une petite dinde écervelée. Jennifer Jones n’a d’ailleurs jamais été aussi moche. Le spectateur n’éprouve donc pas la moindre empathie pour elle. Le parti-pris moraliste n’est cependant pas assumé jusqu’au bout pour deux raisons. D’abord la reconstitution fastueuse magnifie la province si violemment critiquée par les auteurs. Ensuite, le récit prend très au sérieux les différentes tentatives d’Emma de s’évader. Il manque parfois de distance.

Bref, Madame Bovary manque d’un point de vue clair et affirmé sur son sujet. Le film est cependant sauvé de l’académisme par Van Heflin, encore une fois sublime en mari plein de bon sens. Ensuite, la virtuosité de l’immense metteur en scène qu’était Minnelli insuffle une intensité dramatique hors du commun à plusieurs séquences. Sans être un film majeur du cinéaste, Madame Bovary se doit d’être vu rien que pour sa fameuse « scène du bal ». A noter aussi une superbe musique de Miklos Rozsa.

Les quatre cavaliers de l’Apocalypse (Vincente Minnelli, 1962)

Samedi, juin 12th, 2010

Une famille argentine d’origine européenne se déchire lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale.

« Grandiose » est un terme qui sied parfaitement à ce remake du classique muet avec Rudolph Valentino. Vincente Minnelli s’en donne à coeur joie. Le Cinémascope-couleurs est plus que flamboyant, la mise en scène ouvertement expressionniste, la théâtralité complètement assumée. Plusieurs magnifiques morceaux de bravoure, au premier rang desquels la mort du patriarche foudroyé par une crise cardiaque une nuit d’orage après un terrible discours annonçant le drame qui va s’abattre sur sa famille, sont à faire figurer dans l’anthologie du cinéaste.

Néanmoins ce style rococo -clinquant diraient peut-être certains- ressemble parfois à un éclatant vernis uniformément appliqué sur un matériau fondamentalement déséquilibré. Le récit, riche d’enjeux dramatiques, manque d’unité. Les différentes intrigues sont liées uniquement par l’artifice symbolique et lourdaud des quatre cavaliers du titre. A ce problème s’ajoute celui d’une distribution prestigieuse mais inégale. Glenn Ford peine à être crédible en dandy contraint de s’engager. Le foisonnement narratif et l’ultra-dramatisation de la mise en scène ne camouflent donc pas complètement la superficialité des Quatre cavaliers de l’Apocalypse.

Cette fresque spectaculaire au sens le plus pur du terme est tout de même assez impressionnante pour être vue sans ennui. Ce qui pour un film durant deux heures et demi n’est pas un mince compliment.

Thé et sympathie (Vincente Minnelli, 1956)

Mardi, juin 8th, 2010

A l’occasion d’une réunion d’anciens étudiants, un homme retourne à l’université et se souvient de sa jeunesse. Ses problèmes d’intégration au groupe mais aussi sa première expérience sexuelle avec l’épouse de son professeur de sport…

Oui, Thé et sympathie est l’adaptation d’une pièce de théâtre new-yorkaise initialement mise en scène par Elia Kazan. Mais qu’importe puisque les nombreux dialogues sonnent toujours vrai et que les comédiens sont d’une perpétuelle justesse.
Oui, les allusions à l’homosexualité de l’oeuvre originale ont été gommées par le traitement hollywoodien. Mais qu’importe puisque la portée de l’oeuvre s’en trouve intelligemment généralisée.

Thé et sympathie est un miracle de délicatesse et de sensibilité. Les auteurs condamnent un système et des valeurs sans jamais condamner les hommes qui vivent avec. Cette bouleversante apologie des sentiments figure, aux côtés de L’horloge et Il faut marier papa, parmi les chefs d’oeuvre de la veine feutrée de Vincente Minnelli.

Au revoir Charlie (Vincente Minnelli, 1964)

Mardi, décembre 15th, 2009

Un scénariste mufle se fait assassiner par un producteur jaloux d’une de ses conquêtes. Il se réincarne en superbe blonde…

Cette comédie satirique réalisée à la Fox fait plus penser à du Wilder qu’à du Minnelli période MGM. Ce n’est malheureusement pas très réussi. L’idée de départ est riche de potentiels mais est mal développée. Le scénario manque de péripéties, de gags, d’idées. Et le film dure pourtant près de deux heures…Son rythme est du coup assez lent. De plus, le cinémascope semble -une fois n’est pas coutume- anesthésier la mise en scène de Minnelli. Blake Edwards sera plus inspiré trente ans plus tard lorsqu’il dirigera le quasi-remake qu’est Dans la peau d’une blonde. Reste Tony Curtis et Debbie Reynolds qui forment un sympathique duo.

Lame de fond (Undercurrent, Vincente Minnelli, 1946)

Mercredi, mai 20th, 2009

Une vieille fille enfin mariée apprend par son époux qu’elle a un beau-frère psychopathe. Mais le psychopathe est-il celui que l’on croit?

Ce film noir psychanalytique est, en dépit d’un excellent trio d’acteurs (Katharine Hepburn, Robert Mitchum, Robert Taylor), un des ratages de Minnelli. Le récit patine, le film est bavard et le déroulement s’avère assez prévisible.