Posts Tagged ‘Audie Murphy’

Un Américain bien tranquille (Joseph L. Mankiewicz, 1957)

Mercredi, janvier 27th, 2010

Pendant la guerre d’Indochine, un jeune Américain est assassiné à Saïgon. Retour sur son passé et ses relations avec un couple formé par un journaliste anglais désabusé et une jolie indigène.

Bizarrement oublié aujourd’hui, Un Américain bien tranquille est peut-être le film le plus emblématique de l’oeuvre de Joseph L. Mankiewicz. En effet, jamais au cinéma le langage n’a eu une place aussi centrale qu’ici. Ce sont les subtilités de traduction (je n’ose imaginer le massacre perpétré par la version française) et les mots à double sens qui nouent une intrigue compliquée sans être nébuleuse. C’est le décalage entre leurs paroles et leurs actions qui définit le caractère de personnages très souvent manipulés.  Cette virtuosité dramatique n’est cependant pas vain étalage  de style. Mankiewicz montre l’aveuglement que peuvent provoquer des sentiments. Avec son ironie habituelle, il le fait en montrant -et donc en démontant- les illusions d’un personnage cynique; ce qui redouble le sentiment de jubilation du spectateur.

Toutefois, les personnages ne sont pas les jouets de l’intrigue mais l’intrigue naît des relations de personnages qui s’aiment, se trahissent, se trompent, paradent, combattent. Ce ne sont pas encore les pantins qu’ils seront dans les derniers films de l’auteur. Le contexte politique intelligemment exploité ancre l’oeuvre dans une réalité qui l’empêche de sombrer dans la mauvaise théâtralité qui caractérise Le reptile et Le limier. Les acteurs, Michael Redgrave au premier rang, sont au diapason du metteur en scène et offrent des compositions riches et nuancées. Subtil, prenant et intelligent, Un Américain bien tranquille est un excellent film.

A feu et à sang (The Cimarron Kid, Budd Boetticher, 1951)

Samedi, août 1st, 2009

Ami des frères Dalton, un jeune homme est accusé à tort d’avoir braqué un train. Il devient du coup un véritable bandit.

Un western convenu mais fort bien mené. Dommage que le scénario (ainsi que la gueule de puceau d’Audie Murphy) nous fasse passer pour un type bien un personnage qui reste quand même un criminel. La mise en scène sécrète de beaux moments qui donnent de l’épaisseur aux personnages même si évidemment le style de Boetticher n’est pas encore aussi affûté que celui de ses films avec Randolph Scott.

Kansas en feu (Kansas raiders, Ray Enright, 1950)

Jeudi, janvier 22nd, 2009


Les tribulations des frères James au sein des pillards confédérés menés par Quantrill.
Un western bien fait (bien raconté, bien joué) bien que dénué du moindre génie. La relation entre Jesse et Quantrill est intéressante mais n’est pas mise en avant par rapport au reste. On peut le regretter dans la mesure où le respect qu’a Jesse James pour cet illuminé de pacotille, respect qui montre la foi irrationnelle qu’un jeune homme peut avoir en un mentor, est l’aspect le plus singulier de cette plaisante production de série.