Posts Tagged ‘aventures’

Le capitaine Fracasse (Abel Gance, 1943)

Vendredi, janvier 29th, 2010

Un baron ruiné se joint à une troupe de comédiens ambulants.

Un film assez étrange, comme tous les films parlants d’Abel Gance que j’ai vus. Les comédiens ne paraissent pas très impliqués. Le découpage des scènes d’action ne brille pas par sa lisibilité (plusieurs faux raccords sautent aux yeux), ce qui pour un film de cape et d’épée est évidemment regrettable. On peut mettre ça sur le compte d’un tournage chaotique (maladie des acteurs, changement de société de production en cours de route…) mais certains défauts sont inhérents à l’auteur. Ainsi Gance, d’une naïveté toujours aussi confondante lorsqu’il s’agit de raconter, ne fait guère d’effort pour nous intéresser à son histoire. L’évocation des personnages et de leurs relations reste superficielle (je pense par exemple au traitement de la romance).

En revanche, Le capitaine Fracasse est visuellement très impressionnant. Dès le début dans le cimetière, les cadrages insolites sont du plus bel effet, les images sont superbes. Les fondus enchaînés, les éclairages contrastés, les nappes de brouillard…sont autant de poncifs du muet magistralement agencés par le metteur en scène. Chaque séquence est propice à des inventions visuelles. A ces images remarquables s’adjoint la musique sur-employée mais magnifique du grand Arthur Honegger. Certaines scènes sont extraordinaires au-delà de leur aspect strictement plastique: le duel avec alexandrins où le jeu déclamatoire des acteurs est retourné à l’avantage du film, la fin quasiment fantastique (il est d’ailleurs dommage que l’identité de Matamore soit révélée, ça lève une part du mystère).

Bref, l’évidente beauté de cette œuvre baroque est étroitement corrélée à son caractère déséquilibré, imparfait.

Le Paradis des mauvais garçons (Macao, Josef Von Sternberg, 1952)

Mardi, janvier 26th, 2010

A Macao, un aventurier américain se retrouve embarqué dans une sale histoire.

Exotisme de studio, éclairages savants, mouvements de caméra sophistiqués, dialogues piquants, rapports amoureux brutaux…Von Sternberg obligé de supporter les caprices de Howard Hughes (le réalisateur sera viré avant la fin du tournage et remplacé par Nicholas Ray) recycle sa panoplie sans grande conviction. C’est parfois joli à regarder mais le scénario réussissant le tour de force d’être à la fois inconsistant et embrouillé est vraiment trop nul.

Beau geste (William Wellman, 1939)

Lundi, mai 18th, 2009

Trois frères adoptés par une riche Lady fuient la demeure dans laquelle ils ont grandi lorsque le saphir de leur bienfaitrice est dérobé par l’un d’entre eux. Ils  s’engagent dans la Légion étrangère…

Un beau film d’aventures classique avec de grands sentiments et de belles images. C’est très bien cadré mais ça ne tombe jamais dans l’imagerie. Ca sent la sueur et le sable chaud. Les passages avec le sergent sadique qui cumule tous les vices du monde auraient peut-être gagné à être supprimés car ils éloignent l’oeuvre de sa thématique sur l’honneur et la fidélité fraternelle mais ça reste un film d’excellente facture, une des références du genre.

Les pirates du rail (Christian-Jaque, 1937)

Samedi, mai 16th, 2009

L’ingénieur en chef d’une ligne ferroviaire en Indochine affronte une bande de pillards.

Un film d’aventures coloniales assez typique du cinéma français commercial des années 30. La distribution réunit Charles Vanel, Suzy Prim, Erich Von Stroheim, Dalio…Christian-Jaque est aux commandes et fait bien son travail de technicien, on note la vivacité de sa caméra. La vision des Asiatiques est raciste mais d’un racisme franc, assumé et qui n’exclut pas le respect de l’autre. Là où le film apparaît moralement détestable, c’est dans le personnage du métèque mi-juif mi-rital qui s’enrichit sur le dos des nations. Cliché xénophobe bien représentatif de son époque, cliché évidemment incarné par Dalio. Rien que pour avoir permis à cet immense acteur de jouer le  marquis de La Chesnaye, on ne remerciera jamais assez Jean Renoir. Ceci étant dit, Les pirates du rail est un film assez ennuyeux dont le grand tort est de se prendre très au sérieux malgré des personnages caricaturaux. Il manque l’essentiel brin de fantaisie qu’on retrouvait dans les films américains du même registre (disons La charge de la brigade légère).

un texte plus joli que le film

L’île des péchés oubliés (Moonsoon, Edgar G.Ulmer, 1943)

Dimanche, décembre 21st, 2008

Chasse au trésor dans les mers du sud. Film d’aventures médiocre. Les acteurs sont nuls. Il y a cependant une poignée de jolis plans qui insufflent à ce produit de série une touche que, par amour pour Ulmer, nous n’hésiterons pas à qualifier de panthéiste voire de cosmique.

L’enfer des tropiques (Fire down Below, Robert Parrish, 1957)

Vendredi, juillet 18th, 2008

Deux amis aventuriers se déchirent lorsqu’ils ont pour mission de transporter Rita Hayworth sur leur bateau. Le genre d’histoire convenue que Hawks a su sublimer. Mais pas Robert Parrish, réalisateur par ailleurs très estimable (voir ses westerns). Le film est bizarrement découpé en deux parties assez distinctes, s’étendant longuement sur le sauvetage d’un des deux héros coincé dans les débris d’un cargo explosé. Le tout manque de vigueur. Et la splendeur de Rita Hayworth, de retour sur les écrans après 4 ans d’absence, avait quelque chose de fané en 1957…

Les aventures de Tom Sawyer (Norman Taurog, 1937)

Jeudi, mai 22nd, 2008

Tom Sawyer, le livre préféré de mon enfance…Cette production Selznick fait partie de ces illustrations romanesques dont la fidélité à la lettre fait la beauté (par exemple, La gloire de mon père mise en scène par Yves Robert). Le film est donc un ensemble charmant de vignettes en Technicolor qui a entraîné chez moi une série de réminiscences enfantines: mon premier amour imaginaire, Becky Thatcher, cette tête à claques de Sid, les frayeurs avec Joe l’Indien (d’ailleurs le film contient un ou deux plans qui ont marqué les créateurs de Twin Peaks), une vie rêvée à base de parties de pêche et de chasses au trésor, le tout pieds nus évidemment. La vision de ce film, véritable expérience proustienne en cela qu’elle a révélé un sens profond à des souvenirs enfouis, m’a fait comprendre combien le chef d’oeuvre de Mark Twain a compté dans mon penchant pour l’imaginaire. D’ailleurs, je m’arrête ici parce que je ne pourrais continuer cette critique sans raconter un peu de ma vie.

Quatre hommes et une prière (John Ford, 1938)

Lundi, mars 10th, 2008

Le problème de Quatre hommes et une prière, c’est le tiraillement. Tiraillement entre gravité d’un sujet typiquement fordien (la lutte de quatre hommes pour réhabiliter leur colonel de père) et péripéties de bande dessinée (plusieurs fois, j’ai pensé à Tintin). Peut-être que l’œuvre aurait été réussie si Ford avait mis en scène ces aventures coloniales avec plus de légèreté, plus de dynamisme et moins de solennel. Malgré cela, le film se suit sans trop de déplaisir grâce notamment à un casting sympathique.

La belle espionne (The sea devils, Raoul Walsh, 1953)

Vendredi, janvier 25th, 2008

Ce film est avant tout un modèle de concision dramatique, un récit mené tambour battant qui offre au spectateur attentif un sous-texte d’une belle richesse. Il faut préciser ici que le scénario a été ciselé par le grand Borden Chase. A travers des échanges verbaux qui ne manquent pas de sel, ce pur film d’aventures parle du couple (la belle espionne en question est avant tout une menteuse et une cachotière vis-à-vis du héros Gilliatt, elle se comporte donc avec lui comme si elle était sa maîtresse) avec l’élégance caractéristique des meilleurs films hollywoodiens, c’est à dire sans en avoir l’air, en faisant croire que ce qui compte c’est la truculence, l’humour et l’action. Et de fait, c’est bien à travers le récit d’aventures et non malgré lui que s’expriment les sentiments des personnages.

Le film est purement walshien dans la mesure où la dramaturgie est guidée par les états d’âme du héros, par ses pulsions, par son amour qui le fait grandir par rapport à son alter-ego rival qui lui restera toute sa vie un contrebandier ne s’intéressant qu’à l’argent et aux filles faciles. D’ailleurs, les moments les plus faibles du film sont ceux dans lesquels l’espionne effectue sa mission en France, une poignée de séquences purement fonctionnelles durant lesquelles Gilliatt est temporairement évacué de l’intrigue. Pourtant, ce qui empêche La belle espionne de se hisser parmi les plus beaux chefs d’oeuvre de Raoul Walsh, c’est aussi et surtout le manque désespérant de charisme et d’expressivité de Rock Hudson. Si un acteur de la trempe d’Errol Flynn l’avait remplacé, gageons que Gilliatt aurait eu un tout autre panache…Le film n’en reste pas moins un joyau, un témoignage précieux d’une ère où la fusion entre spectacle et vision personnelle du cinéaste était totale.

Key Largo (John Huston, 1948)

Dimanche, janvier 20th, 2008

Déçu. Une histoire qui réutilise grossièrement les recettes qui ont fait le succès de Humphrey Bogart qui joue encore son sempiternel personnage de désabusé qui s’engage à nouveau pour les beaux yeux de Lauren Bacall. Le personnage d’Edward G.Robinson, un petit césar 20 ans après, n’est malheureusement pas plus intéressant tant sa psychologie est peu nuancée. C’est relativement statique pour un film du genre, empesé et bavard. Bref, plutôt chiant dans l’ensemble.