Posts Tagged ‘film noir’

Decoy (Jack Bernhard, 1946)

Jeudi, février 25th, 2010

Une garce séduit le médecin légiste du pénitencier pour qu’il trafique l’exécution de son amant condamné à mort qui seul connaît l’emplacement de son magot…

…Et ceci n’est qu’un aspect de l’histoire ahurissante racontée par Decoy, série Z de la Monogram dont l’intérêt se limite à l’immoralité absolue de son héroïne. En dehors de quelques idées qui brillent par leur mauvais goût (le plan subjectif depuis la chambre à gaz pendant l’exécution), la mise en scène est d’une ennuyeuse platitude. Il n’y a pas un millième de la poésie de Détour, autre film noir fauché. Dommage.

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Caught (Max Ophuls, 1949)

Dimanche, février 14th, 2010

Une mannequin d’origine modeste épouse un riche industriel mais celui-ci s’avère psychologiquement dérangé.

Il est intéressant de voir que même lorsqu’il réalise un film noir à Hollywood, Max Ophuls reste fidèle à ses préoccupations thématiques, à savoir la condition des femmes, et plus spécialement ici leurs rêves et espoirs modelés par l’environnement social. On appréciera le fini plastique hollywoodien (superbe photographie de Lee Garmes) mais on regrettera les ficelles vraiment trop énormes d’un scénario boiteux. Caught est un film oublié parce qu’oubliable.

La clé de verre (Stuart Heisler, 1942)

Mardi, février 2nd, 2010

Un caïd s’amourache de la fille de l’adversaire du candidat qu’il supporte.

Et c’est le début d’une histoire compliquée. La sécheresse de la mise en scène n’exclut pas une certaine cruauté. C’est en fait une histoire d’amitié qui est au coeur de l’intrigue emberlificotée. Ce manque de clarté d’une narration par ailleurs trop verbale fait que La clé de verre n’est pas le meilleur film du duo Ladd/Lake.

La femme à l’écharpe pailletée (The file on Thelma Jordon, Robert Siodmak, 1950)

Dimanche, décembre 6th, 2009

L’assistant de l’avocat général d’une petite ville américaine est entraînée dans une histoire sordide par une mystérieuse femme…

La femme à l’écharpe pailletée est un film noir aussi beau que son titre. On admirera particulièrement l’efficacité avec laquelle le personnage masculin principal est caractérisé. Wendell Corey est excellent dans le rôle. Ses troubles conjugaux, son sentiment d’échec personnel…Tout cela est présenté rapidement et annonce intelligemment le drame qui va s’ensuivre. Le scénario est impeccable, la photo superbe, Barbara Stanwyck égal à elle-même, la mise en scène aux petits oignons. L’oeuvre est tout à fait typique de cette perfection du film de studio où l’excellence des différents intervenants insuffle une réelle substance aux situations les plus conventionnelles. 1950, meilleure année du cinéma hollywoodien?

Désirs humains (Fritz Lang, 1954)

Dimanche, novembre 8th, 2009

Remake de La bête humaine dans un contexte américain.

Sous ses dehors de banal film noir, Désirs humains est une oeuvre magistrale, transcendée par le style de Fritz Lang qui se concentre sur l’essentiel de son sujet, c’est à dire la mécanique des passions humaines. Toutes les conneries folkloriques qui alourdissaient le film de Renoir ont été évacuées; l’atavisme et le charbon en premier lieu. Il n’y a pas de superflu. Seul le personnage de Kathleen Case apparaît comme une concession (concession à qui? à quoi? au studio? à la fidélité au roman?) tant il dépare l’implacable tragédie. La rigueur d’une mise en scène toujours plus épurée annonce le chef d’oeuvre que sera L’invraisemblable vérité.

Association criminelle (The big combo, Joseph H.Lewis, 1955)

Dimanche, septembre 20th, 2009

La croisade d’un flic pour arrêter le caïd Mr Brown.

A partir de ce canevas basique, les auteurs ont développé un film riche de sens, aux caractères plus complexes qu’il n’y paraît. The big combo est une sorte de quintessence de la série B tel qu’idéalisée par les cinéphiles. C’est un film sec à la mise en scène épurée mais très évocatrice et riche de sens. Voyez les cadres ne contenant que l’essentiel en terme d’accessoires et de décors. Voyez la façon dont Mr. Brown se comporte avec sa maîtresse, tout prisonnier de son désir qu’il est. En deux plans trois mouvements (de l’acteur), Lewis épaissit un personnage archétypal. En effet, bien que le film soit anti-sentimental au possible, ses personnages de durs sont secrètement romantiques. Sans le moindre épanchement, il est clairement signifié que le flic agit essentiellement par amour. Dans ce rôle, Cornel Wilde est comme à son habitude excellent, insufflant chair et sang à un archétype en usant d’un minimum d’effets.

La grande nuit (Joseph Losey, 1951)

Jeudi, septembre 17th, 2009

Un adolescent mal dans sa peau qui a vu son père se faire tabasser décide de le venger.

Le dernier film américain de Joseph Losey est médiocre. C’est une série B handicapée par la lourdeur de son scénario à base de traumatisme. L’acteur principal, fils de John Barrymore et père de Drew, montre que le fameux talent héréditaire des Barrymore est un mythe. La séquence d’introduction, percutante comme il faut, permet de retrouver un metteur en scène à la hauteur de sa réputation mac-mahonienne mais c’est bien le seul éclat de ce film croulant de toutes parts sous les intentions morales et signifiantes.

Tueur à gages (This gun for hire, Frank Tuttle, 1942)

Lundi, août 24th, 2009


Un tueur à gages se retourne contre ses commanditaires.

La meilleure critique de This gun for hire a été faite par Jean-Pierre Melville qui en a extrait la substantifique moelle pour réaliser son chef d’oeuvre. On retrouve en effet dans ce petit film noir toutes les beautés du Samouraï à un état embryonnaire. La chambre est la même. L’imperméable est le même. L’histoire est la même. Simplement, son déroulement est plus bavard et moins fluide que celui de l’œuvre du Parisien au stetson. L’explicitation verbale des revirements du tueur fait de This gun for hire un classique récit de rédemption. Reste la mélancolie atavique du personnage et les traits félins d’Alan Ladd qui transcendent la banalité de l’intrigue. Alan Ladd a d’ailleurs été véritablement lancé par ce film.

Le quatrième homme (Kansas city confidential, Phil Karlson, 1952)

Mercredi, juin 3rd, 2009

Un conducteur de camion est injustement accusé d’avoir pris part à un hold-up. Décidé à se venger et à laver tout soupçon, il infiltre le gang…

De la même trempe que The lineup, Kansas city confidential fait partie des petits classiques du polar américain. C’est un film noir sec, violent, très violent, à l’intrigue maline. A l’exception des séquences de romance dans lesquelles Phil Karlson se montre moins à l’aise que dans l’action, c’est mis en scène à la perfection, sans une once de graisse. La distribution qui regroupe John Payne, Lee Van Cleef -dont le profil d’aigle, est en quelque sorte le résumé du film: sec, tranchant, acéré-, Neville Brand, et Jack Elam est un joli panel de durs à cuire hollywoodiens.

Il manque simplement une part d’affect, d’imprévu, quelque chose qui sortirait les personnages d’une dramaturgie essentiellement mécanique. Comme en témoigne l’absence d’unité de point de vue, Kansas city confidential est un film sur un processus -certes enrayé- avant d’être un film sur des individus de chair et de sang. C’est ce qui explique qu’il ait été repris, adapté, distordu, amplifié par des petits malins post-modernes (c’est une des sources d’inspiration principales de Resevoir dogs), c’est ce qui l’empêche aussi d’atteindre la grandeur de chefs d’oeuvre tels que Le port de la drogue ou Détour.

Lame de fond (Undercurrent, Vincente Minnelli, 1946)

Mercredi, mai 20th, 2009

Une vieille fille enfin mariée apprend par son époux qu’elle a un beau-frère psychopathe. Mais le psychopathe est-il celui que l’on croit?

Ce film noir psychanalytique est, en dépit d’un excellent trio d’acteurs (Katharine Hepburn, Robert Mitchum, Robert Taylor), un des ratages de Minnelli. Le récit patine, le film est bavard et le déroulement s’avère assez prévisible.