Posts Tagged ‘guerres indiennes’

L’expédition du Fort-King (Seminole, Budd Boetticher, 1952)

Jeudi, février 4th, 2010

Un officier dont le meilleur ami est le leader des Séminoles est affecté dans une garnison menée par un commandant qui veut anéantir ces Séminoles.

L’expédition de Fort-King est un western conventionnel reposant sur des dilemmes psychologiques éculés et peu développés. Les enjeux politiques de la pacification de la Floride sont outrageusement simplifiés suivant un procédé chère à la mauvaise dramaturgie hollywoodienne: le personnage du méchant porte tout le poids de la responsabilité du mal. Ce qui rend le film assez niais. Reste le décor inhabituel des marais de Floride mais la mise en scène n’a pas la vigueur de celle de Walsh dans Distant drums.

Chuka le redoutable (Gordon Douglas, 1967)

Dimanche, décembre 27th, 2009

Un pistolero solitaire aide une garnison de cavalerie à faire face à des Indiens affamés.

Résumé de cette façon, Chuka le redoutable a l’air très classique mais l’intérêt de ce western tient aux idées avec lesquelles les auteurs régénèrent les conventions d’un genre alors moribond. Ces idées expriment une vision de l’Ouest particulièrement sombre. Ainsi, dès le début, le spectateur sait que tout se terminera par le massacre des soldats puisque le film commence par un flashback. Le héros est un mélancolique qui agit à la fois comme un mercenaire et comme un amoureux désespéré. Ses tourments ne sont pas relatés avec une exceptionnelle finesse psychologique mais ils contribuent à donner de la consistance à l’histoire racontée. Par ailleurs, les soldats du fort y ont été envoyés par punition, ayant auparavant péché par lâcheté ou par insubordination. Cette dernière trouvaille est clairement la meilleure. Faire de la garnison un tas de damnés permet d’avoir une superbe galerie de seconds rôles. Ces personnages profondément fêlés sont vraiment émouvants. En plus de ce bon vieil Ernest Borgnine, il faut citer John Mills, plus connu pour ses rôles dans les films anglais de David Lean que dans les westerns, qui joue un magnifique commandant. Sans se départir de son efficacité habituelle, Gordon Douglas réalise plusieurs scènes saisissantes de noirceur. Certains plans sont d’une violence terrible qui anticipe celle de Aldrich dans Fureur Apache.

Bref, quelques moments plus platement conventionnels (le sauvetage dans le camp indien) que le reste n’empêchent pas Chuka le redoutable d’être un très bon film. C’est en fait un des meilleurs westerns américains de la décennie.

Soldat bleu (Ralph Nelson, 1970)

Mardi, septembre 15th, 2009

Broderie gauchiste autour du massacre de Sand Creek

Pourquoi réaliser un film sur cette tuerie sans proposer aucun point de vue sur les tenants et aboutissements des guerres indiennes ? Présentée tel que par le cinéaste, l’évènement reste à l’état de fait divers et n’est en rien représentatif de la politique indienne du gouvernement américain. Pour pallier à cette absence de réflexion, Ralph Nelson a opté pour une mise en scène choc, ne lésinant pas sur les effets gore lors des fusillades, mais ses effets racoleurs ne masquent pas longtemps la nullité de son propos. Il faut bien le dire, Soldat bleu se réduit à sa séquence finale ultra-violente. Encore aujourd’hui, c’est ce qui est resté dans les mémoires. Tout le reste n’est que prétexte à long-métrage sans grand intérêt. Par exemple, l’intrigue avec le trafiquant d’armes n’a aucune utilité dramatique par rapport au temps qu’elle prend à l’écran.

Le héros, bleusaille complètement innocente, rend le film complètement binaire. Il n’est là que pour conforter le spectateur dans un point de vue d’innocent face au massacre. Le traitement est donc purement illustratif, le spectateur n’est amené à se poser aucune question. Il y a d’un côté le bien représenté par lui et le héros et de l’autre le mal que Nelson circonscrit à une poignée de monstres en uniforme dont il peint les horreurs complaisamment. C’est nul. Reste la belle chanson du générique, interprétée par la tristement oubliée Buffy Sainte-Marie.

Taza, fils de Cochise (Douglas Sirk, 1954)

Dimanche, juin 14th, 2009

Le jeune chef apache Taza veut poursuivre  l’oeuvre de paix de son père et doit affronter Geronimo qui continue la lutte contre l’homme blanc.

Le seul western réalisé par Douglas Sirk met en avant les Indiens mais sa morale est assez douteuse. Il prône la collaboration. D’après Taza, il vaut mieux collaborer avec l’envahisseur et bien manger que fuir dans le froid et la faim. Drôle d’idée de la dignité d’un peuple. Outre cette ambigüité  idéologique, Taza, fils de cochise n’est de toute façon pas un film très intéressant. Rock Hudson joue comme un roc, c’est ce qui le différencie par exemple de Robert Taylor dans La porte du diable, western pro-Indien d’Anthony Mann dans lequel le drame politique se doublait d’une tragédie intime qui rendait le film bien plus riche. Enfin, Taza est plastiquement assez quelconque. Dans la mesure où il met en scène des cohortes de tuniques bleues à Monument Valley -motif maintes fois sublimé par John Ford-, l’absence d’un poète des grands espaces américains derrière la caméra se fait ressentir d’autant plus cruellement…