Posts Tagged ‘science-fiction’

L’homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957)

Lundi, février 8th, 2010

Le titre est un parfait résumé du film.

Et pourtant celui-ci ne cesse de surprendre. C’est que l’idée de base, loin de stériliser l’inventivité des auteurs, entraîne les idées de mise en scène. L’environnement du héros est le moteur de la narration. Un canapé, une paire de ciseaux, une araignée, une maison de poupée…sont autant d’éléments concrets générateurs de péripéties et qui font de L’homme qui rétrécit un formidable film d’aventures. Une buanderie devient un territoire aussi riche de possibles que l’Amazonie. D’une façon élémentaire donc implacable, L’homme qui rétrécit montre que l’homme possède en lui les ressources intellectuelles et morales lui permettant de maîtriser n’importe quel environnement hostile. On appréciera également la fin -aussi logique qu’inattendue- qui donne une portée cosmique à ce poème humaniste. L’homme qui rétrécit est véritablement une quintessence de la “série B” américaine.

Explorers (Joe Dante, 1985)

Samedi, août 15th, 2009

Trois gamins un peu en marge de leurs camarades d’école construisent un vaisseau spatial.

J’aurais suradoré Explorers si je l’avais découvert à l’âge de 10 ans. Aujourd’hui, les clichés narratifs, le fétichisme de nerd (ha, cette fascination béate pour les ordinateurs) ou encore la dernière partie auto-complaisante et longuette sont autant de réserves que je porte à l’appréciation du film. Celui-ci n’en reste pas moins une réussite grâce à la foi de Joe Dante et son équipe dans ce qu’ils racontent. Foi qui se manifeste notamment à travers un soin artisanal apporté à tous les aspects de la réalisation de l’oeuvre: photo, musique, mouvements de caméra…Tout cela est d’une parfaite élégance.

Dante insuffle un vrai sens du merveilleux à son film et l’excitation des enfants qui s’envolent est communiquée par une mise en scène jubilatoire qui ne verse jamais dans la surenchère. Le discours de l’oeuvre n’est pas aussi immature qu’on aurait pu l’imaginer au début: le rêve doit avoir une fin et permettre de mieux affronter la réalité. C’est assez convenu mais ce n’est pas puéril. Et puis de toute façon, un film qui cite explicitement Thunder road de Bruce Springsteen est un film hautement recommandable…

The man from planet X (Edgar G.Ulmer, 1951)

Mardi, août 4th, 2009

Des scientifiques établissent le contact avec un extra-terrestre dont le vaisseau s’est écrasé en rase campagne.

The man from planet X est une série Z dont les acteurs impliqués et la mise en scène soignée arrivent à faire oublier le manque de moyens matériels. C’est même un beau film, à contre-courant de la production hollywoodienne d’alors. En effet, l’extraterrestre n’est ni angélisé ni diabolisé. Ses intentions resteront mystérieuses et il en résulte une sublime incertitude. The man from planet X ou comment ouvrir des perspectives immenses sur l’humanité à partir d’un vulgaire film de série.

Les damnés (Joseph Losey, 1963)

Dimanche, juin 7th, 2009

Des adolescents découvrent par hasard une base militaire dans laquelle des scientifiques se livrent à des expériences secrètes…

The damned est un film de science-fiction improbable tourné par Joseph Losey pour la Hammer. C’est un navet. Il y a bien quelques belles idées mais le film est irregardable à cause d’un scénario complètement nul.

L’incroyable homme invisible (Edgar G.Ulmer, 1959)

Dimanche, décembre 21st, 2008

Un homme aux ambitions démoniaques fait sortir un voleur de prisons pour combiner ses talents avec ceux d’un scientifique qui fait des recherches sur l’invisibilité…
Le récit, brassant fantastique, polar et péril atomique apparaît cousu de film blanc mais il y a de belles choses, comme ce scientifique qui a été exploité par les nazis et qui l’est maintenant par le méchant. Il est marqué par la fatalité. Comme souvent chez Ulmer, les héros sont des personnes en marge de la société. Des désaxés à l’image du film lui-même, une série B de derrière les fagots produite avec un budget ridicule. La modicité des moyens n’empêche pas le film d’être honorable, la mélancolie juive présente en filigrane le sauvant de l’anonymat total.