Posts Tagged ‘Selma Lagerlöf’

Le trésor d’Arne (Mauritz Stiller, 1919)

Dimanche, janvier 24th, 2010

Dans la Suède du XVIème siècle, une jeune fille tombe amoureuse d’un des trois hommes qui massacrèrent sa famille.

Pourquoi, en dépit d’une intrigue lourdement moralisatrice et d’une narration parfois encombrée d’intertitres, ce classique du cinéma muet suédois n’a t-il guère vieilli? Parce que la mise en scène donne une véritable présence aux éléments filmés. Ce qui frappe quand on regarde Le trésor d’Arne, c’est le poids de la matière qui en fait le contraire d’une oeuvre de conventions. Les gueules burinées, les barbes perlées de glace, les traits évanescents des jeunes filles (superbe Marie Johnson!), la neige, le vent qui balaye tout ça, la puissance dramatique de certains cadrages, le pittoresque parfaitement dosé des scènes de genre…A la manière du western, l’inscription de la légende dans un cadre géographique et social déterminant lui donne une consistance profonde et inspire à Mauritz Stiller des séquences magistrales. Je songe à l’évasion du début, scène d’action au déroulement parfait, aussi bien qu’à la sublime procession finale sur la mer gelée. Un très beau film.

La charrette fantôme (Victor Sjöström, 1921)

Vendredi, juin 5th, 2009

Le soir de la Saint-Sylvestre, trois ivrognes racontent la légende selon laquelle le dernier trépassé de l’année, s’il s’agit d’un pécheur, conduira jusqu’au Nouvel An suivant la charrette de la Mort. L’un d’eux, qui a auparavant repoussé les efforts d’une jeune fille de l’armée du Salut pour le remettre dans le droit chemin, décède lors d’une rixe…

Classique du cinéma muet suédois (à cette époque le plus beau cinéma du monde), La charrete fantôme impressionne par sa poésie visuelle, l’harmonie de la composition de ses plans, la puissance évocatrice de ses séquences surnaturelles. Pour goûter la quintessence de ce film, il faut passer outre la lourdeur moralisatrice de son récit et le prendre comme un songe halluciné et hallucinant.

La fille des marais (Detlef Sierck, 1935)

Dimanche, avril 5th, 2009

Un jeune fermier, amoureux d’une femme issue d’une plus grande ferme que lui, se rend à la foire aux employés pour embaucher une bonne. Il trouve une jolie servante, enceinte de son ancien patron…

Ce deuxième film réalisé par Detlef Sierck, futur Douglas Sirk, est son premier mélodrame. La mise en scène est déja parfaitement maîtrisée. C’est simple et beau comme du Dreyer. Il y a juste le deus ex machina final qui apparaît un peu facile pour résoudre l’intrigue.